Mettons fin aux droits de compensation !

Mettons fin aux droits de compensation !

Le bâtiment au 61, place de la Réunion est chargé d’histoire. C’est tout près de là que prit naissance l’association DAL (Droit Au Logement), qui après un incendie criminel ayant fait 22 morts, a soutenu les familles qui s’étaient retrouvées à la rue sur cette même place de la Réunion et avaient occupé un immeuble. 

Aujourd’hui, le 61 place de la Réunion subit de plein fouet l’ubérisation du parc locatif privé. Dans cet immeuble, deux appartements ont été transformés en meublés touristiques à l’année et deux autres seraient en passe de l’être. Ces locations saisonnières sont mises en location via la plateforme Check my guest. Ces meublés touristiques sont le plus souvent loués par des personnes qui organisent de grandes fêtes, dont certaines se transforment en soirée “very bad trip”, qui rendent infernale la vie des riverains. 

Nos quartiers populaires n’ont pas vocation à se transformer en cités dortoirs à touristes ! Les habitant-e-s sont très inquiets de cette activité qui se traduit par une pression spéculative qui conduit à réduire le parc locatif privé et à changer le devenir social du quartier.

Face à cette ubérisation de nos quartiers, nous pouvons agir ! En effet, la création de meublés touristiques à l’année est permise par le marché des “droits de compensation” : ces droits permettent, en échange de la transformation de bureaux en logements, d’acheter des droits à transformer des logements en meublés touristiques. Or, les bailleurs sociaux sont parmi les premiers “revendeurs” de ces droits de compensation. Il est urgent de mettre en place un moratoire auprès des bailleurs sociaux afin de ne plus vendre ces droits de compensation. Les bailleurs ne doivent plus se rendre complices de l’extension des meublés touristiques à l’année aux dépens des logements du parc privé.

Pour lutter contre l’ubérisation des parcs locatifs à Paris, nous exigeons de : 

Vérifier le cadre légal ou non du changement d’usage des appartements concernés. 

– Empêcher que d’autres appartements de cet immeuble et du quartier ne soient, eux aussi, transformés en meublés touristiques à l’année.

Pour ce faire la ville doit bénéficier d’effectifs plus nombreux que les 30 agents actuels pour contrôler les Airbnb et les meublés touristiques.

Danielle Simonnet

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