Contre le virus, le vélo et la marche !

Contre le virus, le vélo et la marche !

Partout dans le monde, les villes s’adaptent en urgence à l’épidémie avec un atout indispensable pour permettre la distanciation physique : l’urbanisme tactique, qui permet de réorganiser l’espace public en un temps record. Les premières réalisations de certaines municipalités datent déjà de mi-mars et ont parfois été achevées du jour au lendemain. À Paris et en Île-de-France, le temps presse.

Ces derniers jours, de nombreux articles fleurissent dans les média. Les associations travaillent d’arrache-pied pour pousser les élu·e·s à l’action. Elles ont raison : il est vital de préparer un déconfinement cyclable et marchable pour éviter des embouteillages catastrophiques et assurer ainsi la sécurité de tou·te·s.

Ce sont les recommandations de l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé) : les déplacements à pied et à vélo doivent être privilégiés, car ils permettent à la fois de respecter un éloignement entre les gens et de conserver une activité physique.

Voici ce que nous demandons :

Pour la marche à pied :

  • planification de l’élargissement des trottoirs à 2,5m de largeur minimum partout où c’est possible

  • piétonisation (sauf riverains) de petites rues, notamment celles où sont situées les écoles

  • enlèvement systématique des scooters et motos garés en infraction sur les trottoirs, ces abus généralisés du monde d’avant ne devront plus être tolérés

  • planification de la suppression totale des panneaux de publicité sur les trottoirs, dont le retour récent était de toute façon une aberration complète

Pour le vélo :

  • création d’aménagements express préfigurant les futurs réseaux Vélopolitain (porté par les associations Paris en Selle et Mieux se Déplacer à Bicyclette) et RER V (porté par le Collectif Vélo Île-de-France), partout où c’est possible (et pas seulement sur les lignes 1, 4 et 13 comme cela est prévu), à l’aide de plots et de barrières, en neutralisant des voies de stationnement et de circulation motorisées, en élargissant et en protégeant les bandes cyclables existantes. Il faudra s’assurer du bon approvisionnement en matériel pour éviter les pénuries et ne pas se retrouver dans une situation aussi ridicule que celle des masques et des tests.
  • aménagement des intersections, carrefours, places, ponts et portes de Paris : tous les points noirs connus doivent devenir cyclables pour le déconfinement, afin d’assurer que les itinéraires ainsi créés soient réellement continus et sécurisants pour accommoder l’afflux de nouveaux cyclistes
  • réouverture immédiate pour les cyclistes de la Villette (car un itinéraire cyclable essentiel est interrompu par sa fermeture), des berges du canal de l’Ourcq et du canal Saint-Denis (qui permettent des liaisons essentielles entre Paris et la Seine-Saint-Denis) et de toutes les voies vertes en Île-de-France

  • déploiement accéléré d’un maximum de stationnement vélo, notamment à proximité et à l’intérieur des gares, en collaboration avec la SNCF

  • passage de l’ensemble de la ville de Paris en zone 30

  • ouverture des commerces et services de vente et réparation de vélos

  • balisage des principaux itinéraires pour faciliter l’orientation des nouveaux cyclistes
  • retour de vélib à sa capacité maximale de service et mise en place de sa gratuité : la mairie de Paris doit s’y employer dès maintenant, en prévoyant la remunicipalisation du service dans les délais les plus brefs permis par l’exigence de continuité du service

  • extension des aides à l’achat pour les vélos normaux (sans assistance électrique), pour que les plus modestes (qui travaillent généralement en première ligne) puissent s’équiper

Pour ce qui est du gouvernement, il doit  :

  • Faire cesser immédiatement les verbalisations abusives de cyclistes et donner enfin des consignes claires autorisant le vélo pour tous les motifs de sortie sans exception
  • Réouvrir tous les itinéraires cyclables et voies vertes fermées en dépit du bon sens
  • Protéger les plus fragiles (piéton·ne·s, personnes à mobilité réduite, cyclistes) en luttant efficacement contre la violence motorisée (excès de vitesse, stationnement sauvage, agressions…)
  • Agir pour que toutes les collectivités d’Île-de-France jouent le jeu de l’urbanisme tactique, y compris celles historiquement réfractaires au vélo. Il devra intervenir pour garantir la continuité des itinéraires cyclables si des “mauvais élèves” bloquent des réalisations ou traînent des pieds (ex. municipalités et département des Hauts-de-Seine).

Un report massif vers la marche et le vélo est possible. Selon la dernière Enquête Globale Transports, le vélo représentait jusqu’à récemment 840 000 déplacements quotidiens en Île-de-France. Le Livre blanc des mobilités à l’horizon 2030 estime que plus de 5 millions de déplacements pourraient être faits à vélo.

Pour éviter la peur et les contaminations dans les transports en commun,

Pour éviter les embouteillages d’autosolistes qui bloqueront les véhicules d’urgence,

Pour éviter la pollution et les accidents liés aux deux-roues motorisés, 

Nous avons besoin d’une exécution impeccable et rapide,

Il en va de la santé et de la sécurité de tou·te·s.

Prenez soin de vous.

PS : 

Pour les soignant·e·s qui ont besoin d’un moyen de déplacement efficace, rapide et sécurisé, et pour les confiné·e·s qui ont un vélo à prêter, on relaye ici l’initiative solidaire “Des vélos pour l’hosto” : https://www.desvelospourlhosto.fr/ 

A tou·te·s : on vous invite à tester https://streetmix.net/ pour ré-imaginer vos rues à la faveur du confinement, et vous rendre compte que leur aménagement n’est pas une fatalité mais bien le résultat de choix politiques.

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