A l’aune des crises, qu’en est-il des grands projets inutiles ?

A l’aune des crises, qu’en est-il des grands projets inutiles ?

La pandémie liée au coronavirus rebat beaucoup de cartes mais elle renforce également nombre des convictions que nous portons. Là où la presse résume trop souvent nos propositions en urbanisme pour Paris à la seule demande d’annulation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, force est de constater que cet élément du programme est d’autant plus d’actualité.

Le positionnement du Japon témoigne que l’annulation d’un événement international à quelques mois de son échéance est possible. Si la décision japonaise est évidemment liée à la crise sanitaire que nous traversons c’est principalement pour anticiper la crise écologique et climatique future que nous souhaitons l’annulation des JOP 2024. N’attendons pas 2023 et les innombrables retards que le confinement et la récession qui s’en suivront auront fait prendre sur leur mise en place pour décréter l’annulation des Jeux. Dès maintenant et comme le rappelle le collectif “Non aux JO 2024 à Paris” dans sa tribune à médiapart : “Mieux vaut ne jamais lancer ces chantiers. Mieux vaut suspendre les chantiers déjà lancés. … Sans attendre un autre virus ou un autre épisode apocalyptique, il faut annuler ces Jeux. Plus tôt cela sera fait, plus facile et moins coûteux ce sera.

Tirons aujourd’hui le bilan de ces grands événements et du tourisme de masse qui participent à l’augmentation des gaz à effets de serre et à la marchandisation de la ville. Cette recherche permanente d’attractivité se fait au détriment de programmes publics et ouverts à tous, en témoigne le projet développé sur le plus ancien hôpital de Paris, l’Hôtel Dieu, où un programme immobilier privé s’est imposé comme seul horizon possible là où la mobilisation de l’argent public se justifie au bénéfice du service public hospitalier. Réquisitionnons au plus vite l’Hôtel-Dieu pour aider à endiguer la pandémie et réouvrons le Val de Grâce !

A l’aune de la crise actuelle nous rappelons les grands principes développés dans notre programme pour Paris. Il faudra instaurer des moratoires et un débat démocratique transparent sur les projets d’urbanisme controversés. Au regard de la densification engagée à Paris et en première couronne, réfléchissons aux impacts écologiques et sanitaires de cette politique publique à l’origine de création d’îlots de chaleur urbain et réduisant au fur et à mesure les espaces inconstructibles nécessaires à la végétalisation de la Métropole. Comment pourrions-nous vivre une telle période de confinement l’été, en pleine canicule comme nous en avons vécu l’année dernière sans espaces verts à proximité ? Il nous reste tout au plus quelques années pour répondre à l’urgence écologique et il serait profondément irresponsable de persévérer dans cette direction. Pour répondre à l’urgence écologique, un changement de cap résolu est urgent. Il n’est pas trop tard.

Le Groupe thématique urbanisme de Décidons Paris

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