Ne mettons pas la politique entre parenthèses – Edito de Danielle Simonnet et VIkash Dhorasoo

Ne mettons pas la politique entre parenthèses – Edito de Danielle Simonnet et VIkash Dhorasoo

Pour tout problème, ainsi que pour toute alerte à relayer, vous pouvez nous contacter à ce mail : contact@decidons.paris

Nous essayons dans chaque arrondissement d’organiser les chaînes de solidarité et de participer aux réseaux locaux d’entraide qui se mettent en place sur les réseaux sociaux.

Cher·es signataires “Décidons Paris”, cher·es camarades,

Pour commencer, on espère que vous allez toutes et tous bien ou pour le mieux ! Nous savons que certains parmi vous sont en ce moment malade, tous nos vœux de rétablissement. Pour celles et ceux qui travaillent en 1ère ou 2ème ligne, merci encore et bon courage !

Comme nous l’avions signalé dans la dernière circulaire, pour nous, hors de question de mettre la politique entre parenthèses. Bien au contraire ! Chaque jour nous révèle un peu plus l’incurie du gouvernement à anticiper la crise. Le premier ministre peut bien répéter « je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur les mesures de confinement », nous répéterons infatigablement : oui, il y a bien eu un énorme retard dans le confinement, aggravé par l’absence totale d’anticipation de la commande de tests, de masques et un premier tour des élections municipales qui n’aurait pas dû avoir lieu.

A aggraver la situation de l’hôpital public au lieu d’entendre ses cris d’alarme répétés pendant une année entière de grève, voilà le gouvernement qui déplace des malades au lieu de planifier l’ouverture de nouveaux lits de réanimation ! A Paris, l’urgence serait de rouvrir l’hôpital militaire du Val-de-Grâce fermé en 2016 et les urgences de l’Hôtel-Dieu ! Le pays reste sous-doté en masques et les aides notamment de la Chine ne font que révéler l’absence de notre indépendance industrielle du fait de tant de délocalisation. Au lieu de réquisitionner les industries nécessaires, les cliniques privées ou les hôtels touristiques pour les sans-abri, au lieu de restaurer l’ISF, c’est aux droits sociaux et à nos libertés qu’ils s’attaquent. La répression policière imposée par le gouvernement est d’autant plus dure et injuste vis-à-vis de celles et ceux qui subissent les pires conditions de mal logement et de sans-abrisme. Mais ils auront des comptes à rendre !

Notre priorité parisienne aujourd’hui est de relayer les alertes et d’émettre des propositions dans la suite du plan de mesures d’urgence à prendre à l’échelle parisienne que nous avons publié la semaine dernière. Nous estimons que le Conseil de Paris devrait se réunir, soit en format réduit à l’image dernières séances restreintes de l’Assemblée Nationale, soit en visioconférence. 

Trop de questions sont aujourd’hui sans réponse, nombre de mesures urgentes doivent être prises :

  • Qu’en est-il de la situation des hôpitaux parisiens ? Afin d’anticiper le manque de lits en réanimation que connaissent d’autres départements franciliens et d’éviter le transfert de malades pourquoi l’AP-HP ne prévoit-elle pas d’ouvrir des lits notamment à l’hôpital Hôtel-Dieu plutôt que de fermer ses urgences pour un centre de prélèvement ? Et de rouvrir l’hôpital militaire du val-de-Grâce ?
  • Qu’en est-il de la situation des EHPAD parisiens ? Les personnels et les malades ont-ils enfin assez de masques ? La ville est-elle en capacité de mobiliser des ateliers de couture parisiens pour aider à leur fabrication ? 
  • Qu’en est-il des sans-abris et des mineurs non accompagnés dont la situation de détresse et de mise en danger est terrible ? Si des moyens supplémentaires ont été alloués par le gouvernement et la ville de Paris, de nombreux jeunes mineurs non accompagnés se retrouvent à la rue comme alertent les associations. Aussi, les “mises à l’abri” dans des gymnases de familles évacuées du campement d’Aubervilliers risquent de créer des nouveaux clusters puisqu’aucun dépistage n’y est organisé. Pourquoi les hôtels touristiques et meublés touristiques ne sont-ils pas réquisitionnés ? Comment soutenir plus encore les initiatives d’entraide et de solidarité ?
  • Qu’en est-il de la réalité du confinement à Paris selon les secteurs d’activités professionnelles ? Le non recours aux dépistages massifs impose un confinement exigeant : Pourquoi la ville n’émet-elle pas un arrêté pour interdire toutes les activités professionnelles non essentielles sur le territoire parisien, et notamment les travaux ? 
  • Qu’en est-il des conditions de travail des agent.e.s de la ville ? Un certain nombre de services publics de la ville doit continuer de fonctionner. La définition des bonnes réorganisations du travail pour en garantir les conditions de sécurité exigent d’associer les agent.e.s eux-mêmes. Pourquoi les CHSCT ne sont-ils pas convoqués, même de façon virtuelle ? 
  • Qu’en est-il de la lutte contre les violences faites aux femmes ? La ville a mobilisé des moyens supplémentaires pour faire face aux violences faites aux femmes, éloigner les hommes violents en leur octroyant des places d’hébergement et en permettant l’accès à des hébergements aux femmes qui le souhaitent. Ces mesures sont-elles numériquement suffisantes face à l’augmentation des violences ? 
  • Qu’en est-il de l’aide matérielle aux personnes les plus précaires ? Les villes de Berlin, Barcelone et Lisbonne se sont engagées en faveur d’un report des loyers pour les familles les plus précaires. Pourquoi la ville de Paris n’envisage-t-elle pas ces mesures au sein du parc social qu’elle gère ? Quel accès aux denrées de première nécessité à bas coût est envisagé, notamment après la fermeture des marchés alimentaires dont certains remplissaient ce rôle ?
  • Comment la ville se prépare t-elle à la sortie du confinement ? La sortie du confinement se prépare dès aujourd’hui et implique une planification sanitaire et sociale. La prolongation du confinement des personnes atteintes exigera par exemple des mises à disposition de logements et de chambre. Comment la ville de Paris se prépare t-elle à cette étape ? 

Toutes ces questions doivent pouvoir être débattues en toute transparence.

Continuez à nous alimenter, à rejoindre les groupes thématiques de Décidons Paris pour poursuivre le travail de veille et de propositions afin que l’on puisse également élaborer nos propositions d’anticipation de la phase à venir de sortie du confinement.

D’ici là prochaine circulaire, pour toutes celles et ceux qui le peuvent : « restez chez vous » ; et aux autres, bon courage et merci !

Danielle Simonnet et Vikash Dhorasoo

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