MASSÉNA BRUNESEAU : NOUS SOMMES CONTRE CE PROJET NÉFASTE !

MASSÉNA BRUNESEAU : NOUS SOMMES CONTRE CE PROJET NÉFASTE !

Le projet Masséna-Bruneseau dans le 13e arrondissement est le symbole de l’urbanisme que nous dénonçons : il s’agit d’un projet de tours de grande hauteur, dont l’aménagement est entièrement confié à des investisseurs privés ! Ce projet néfaste illustre la pente prise par l’urbanisme parisien sous l’ère Missika-Hidalgo avec les projets “Réinventer Paris” : les élu.e.s n’assument plus d’être des aménageurs, mais se comportent en placiers des intérêts privés.

Ce projet est à la fois anti-démocratique et anti-écologique.

En effet, il conduit à imposer, sans avoir concerté personne, un immense projet qui ne correspond pas aux besoins du quartier. Il est d’ailleurs contradictoire avec les engagements passés de la majorité municipale sortante.

En effet, dans les années 90 et au début de la mandature de 2001, pour la continuité urbaine entre Paris et Ivry, il était envisagé que la ZAC Paris Rive Gauche et l’avenue de France se terminent « par un jardin en belvédère ouvert à l’est, créant un lien avec Ivry ». Depuis la mandature 2008-2014, l’espace envisagé pour un jardin n’a cessé de se réduire au profit d’un nouveau quartier de tours dédiées aux activités et pouvant atteindre les 180 m de haut et d’immeubles de 50 m de haut pour les logements ! En 2012, le PLU et la ZAC ont été modifiés pour permettre le dépassement du plafond des hauteurs et l’augmentation de 10% du programme de la ZAC. Sur le modèle des « Réinventer Paris », un Appel à Projet Urbain Innovant (APUI) a été retenu en 2017 pour les ⅔ de la superficie de ‘’’Bruneseau sud’’ donnant à des investisseurs la possibilité de décider du programme d’aménagement d’un quartier de la ZAC PRG comprenant 95 000 m²de surfaces construites, rupture inédite à cette échelle du processus habituel de fabrique de la ville dans les ZAC !

Le projet ‘’Nouvel R’’ a été choisi, par un jury qui n’a pas fait l’objet d’un débat démocratique, selon la méthode de fait dérogatoire et opaque inhérente aux APUI qui conduit à ne présenter les projets retenus aux élus de Paris qu’au moment du dépôt des permis de construire. 

Ce projet Nouvel R réunit un investisseur, AG Real Estate, et quatre grands opérateurs, les Nouveaux Constructeurs, Icade et Nexity, avec Frey et un pool d’architectes concepteurs, et propose de construire 95 000 m² répartis dans 6 bâtiments dont 3 tours dédiés surtout à des logements en accession (mais aussi des logements étudiants, résidence pour personnes âgées, bureaux, commerces et activités),

Le projet retenu comprend essentiellement des immeubles de grande hauteur de logements en accession libre et va contribuer à une très forte gentrification et de fait encourager la spéculation immobilière avec des appartements vendus de 12 000€ à 16 000€ le m². 

Si les bâtiments affichent une ambition de dé-carbonation élevée et une couverture à 65% de ses besoins énergétiques par des énergies renouvelables, le projet ne prévoit rien sur les problématiques de transport en commun, prévoit très peu d’espaces verts (un seul square modeste de 1000 m²), impose des logements dans des tours de grande hauteur à proximité du périphérique et des cheminées de l’incinérateur du SYCTOM, occultant ainsi totalement les problématiques environnementales de pollution et de nuisances sonores et les effets venturi de courant d’air au sol induits habituellement par les immeubles de grande hauteur.

Cette hyper densification urbaine se fait dans un secteur insuffisamment desservi par des transports en commun déjà saturés, où le prolongement de la ligne de Métro 10 n’est pas à ce jour décidé.

Les quelques équipements publics prévus, le square, une école ainsi qu’une crèche subiront des problématiques d’éclairement naturel du fait de l’ombre portée des tours et les immeubles vont de fait confisquer les vues sur la Seine et priver de soleil le quai d’Ivry et la berge de Seine une grande partie de la journée et le projet occulte toute réflexion sur le rapport au fleuve ainsi que la préservation et la continuité de son accès.

Les liaisons entre le projet et le reste du 13 e , du 12 e et d’Ivry ne semblent nullement traitées, Alors que les enjeux écologiques et sociaux de la ville exigeraient au contraire d’accroître les espaces verts de pleine terre, de renoncer aux tours de grande hauteur énergivores, de préserver la Seine et les bords de Seine, de limiter les opérations immobilières de logements en accession à la propriété privée qui gentrifient Paris et font exploser la spéculation, de penser la continuité urbaine avec les quartiers et villes limitrophes dans une conception polycentrique de la métropole du Grand Paris.

De fortes contestations déjà exprimées quant au projet de Bercy-Charenton, contestations qui pourraient s’appliquer encore plus fortement au projet de Massena-Bruneseau.

Les élections municipales du 15 mars 2020 doivent permettre aux habitant-e-s de se saisir du débat démocratique sur le devenir de ce quartier. Les habitant.e.s ont le droit de décider. Pour nous c’est clairement NON à ce projet !

Nous demandons :

  • Que soit instauré un moratoire sur le projet Masséna-Bruneseau
  • Que les habitant-e-s du 13eme soient consultés par référendum au sujet de ce projet
  • Que la ville se réapproprie sa compétence de conception des projets urbains selon des procédures qui ont fait leurs preuves pendant des dizaines d’années, s’intégrant à une vision urbaine respectueuse des exigences et des urgences, sociales, écologiques et démocratiques, et par conséquent renonce à ce que dans les ZAC parisiennes, aujourd’hui et demain on puisse attribuer des lots d’un seul tenant de milliers de mètres carrés construits, comportant plusieurs bâtiments, des IGH, la réalisation des espaces publics à des groupements d’investisseurs, méthodes dérogatoires au principe même des ZAC et de la tradition française d’aménagement urbain et d’un urbanisme d’économie mixte dans lequel la municipalité contrôle en concertation avec ses habitants, avec ses élu-e-s et la grande qualité de l’ingénierie de son administration la fabrique de la cité sur le moyen et long terme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *