Lettre aux commerçant·es et artisan·es de Décidons Paris

Lettre aux commerçant·es et artisan·es de Décidons Paris

Mesdames, Messieurs,

Dans notre ville, les grandes enseignes prospèrent et les petits commerces de proximité disparaissent, attaqués par la spéculation et la hausse des loyers des baux commerciaux.

En tant que binôme candidat à la Mairie de Paris, nous voulons inverser cette logique.

En effet, l’uniformisation commerciale de Paris est un fléau : les supérettes dépendant de  grandes enseignes de plus de 100 m2 y sont deux fois plus nombreuses qu’il y a 10 ans. Les grandes enseignes commerciales étendent leur emprise. Dans le même temps, des petits commerces de quartier mettent la clé sous la porte, pris à la gorge par cette concurrence déloyale et par la hausse des loyers de leurs locaux.

Cette logique mortifère a été aggravée tant par la politique gouvernementale menée par Macron que par l’action municipale d’Anne Hidalgo et de son équipe.

L’extension voire la généralisation du travail du dimanche est d’abord favorable aux grandes enseignes : ainsi, une étude commandée par Renaud Dutreil, ministre du commerce en 2006 concluait à la perte de 200 000 emplois dans les commerces de proximité au niveau national en cas de généralisation de l’ouverture des magasins le dimanche ! C’est pourtant ce que propose le candidat LREM Benjamin Griveaux, dans la continuité de la politique du gouvernement. Anne Hidalgo s’est alignée sur cette logique d’extension des horaires d’ouverture nocturne et dominicale, en augmentant le nombre de dimanches où les ouvertures sont autorisées pour les magasins employant des salarié.e.s, et en acceptant l’augmentation du nombre de zones touristiques internationales. Cela renforce la concurrence déloyale des grandes enseignes sur le petit commerce et les indépendants.

La politique menée par la Mairie dans les projets d’urbanisme est également défavorable aux petits commerces : leur politique d’urbanisme, par exemple avec les projets “Réinventer Paris”, est un renoncement à penser l’urbanisme de la ville en fonction des besoins des quartiers, et notamment de la diversité des commerces. C’est déjà cette logique qui a été mise en oeuvre dans le nouveau quartier Rosa Parks dans le 19e : résultat, au rez-de-chaussée de l’ensemble des bâtiments du quartier, au lieu de penser et soutenir l’installation de commerces de proximité et de locaux associatifs en lien avec les besoins des habitant.e.s, la quasi totalité des locaux sont occupés par des magasins appartenant à la famille Mulliez (Leroy Merlin, Decathlon, Boulanger, etc.) !

Nous voulons au contraire favoriser la diversité commerciale par le soutien au petit commerce.  

D’abord, la politique d’encadrement à la baisse des loyers que nous souhaitons développer s’appliquera également aux baux commerciaux. Trop de commerces de proximité, d’artisans, de TPE, sont aujourd’hui pris à la gorge par des loyers qui les empêchent d’exercer correctement leur activité à Paris. Alors que la Mairie promeut le “Fabriquer à Paris”, et que l’urgence écologique nous appelle à repenser nos modes de production pour encourager autant que possible les circuits courts et la fabrication au plus près des lieux de consommation, quelle aberration. Il est urgent d’encadrer à la baisse les loyers commerciaux. 

Nous souhaitons mettre en place une politique de maîtrise foncière des locaux commerciaux via la SEMAEST et le renforcement du dispositif Vital’quartier, en développant la préemption de locaux commerciaux et en favorisant dans l’attribution des baux des activités de type TPE, PME, artisanat et petit commerce, en lien avec les attentes des habitant.e.s du quartier, et en favorisant leur pérennité. Pour les locaux appartenant aux bailleurs sociaux, nous demanderons aux bailleurs de favoriser ces critères, et non la seule rentabilité économique. Nous nous opposerons à ce que les opérations de réhabilitation en quartiers populaires se traduisent par une hausse des loyers des baux.

Nous favoriserons également le petit commerce, l’artisanat, dans les appels d’offre de la Ville : notamment en priorisant dans les marchés la division en petits lots, auxquels il est plus facile de répondre pour de petites entreprises, et en favorisant la proximité dans les critères d’attribution.

Nous mettrons en place un Fonds de Solidarité pour soutenir le petit commerce, l’artisanat et les TPE/PME en difficultés, notamment dans les quartiers populaires. Ce fonds sera attribué en fonction de critères écologiques et sociaux, ainsi que de diversité commerciale des activités et de l’utilité pour le quartier. Il sera financé par une hausse de la taxe de séjour sur les hôtels 4, 5 étoiles et les palaces, par un prélèvement exceptionnel sur la trésorerie des grandes entreprises et par la cotisation sur la valeur ajoutée qui sera rendue progressive.

Nombre d’artisans, commerçants, indépendants (taxis, libraires, hôtellerie) subissent enfin la concurrence des plateformes de l’ubérisation. Celles-ci, au prétexte d’utiliser l’innovation technologique, ont pour objectif de saper toutes les règlementations en menant une concurrence déloyale. Elle s’affranchissent des règles auxquelles vous vous conformez : elles ne paient pas ou très peu d’impôts, enfreignent le droit du travail via l’exploitation d’auto-entrepreneurs. Nombre de leurs activités sont anti-écologiques, comme Uber, Amazon ou d’Airbnb. Nous interdirons les activités de ces plateformes sur le territoire parisien à chaque fois que cela sera légalement possible. Nous règlementerons leurs activités afin que cesse la concurrence déloyale qu’elles imposent au commerce et aux activités de proximité.

Au sein des listes Décidons Paris, nous voulons favoriser la réappropriation de leur ville par les habitant.e.s. Pour cela, nous lutterons contre l’emprise des lobbys et grandes enseignes, en faveur d’une ville de la proximité, où chacun.e a accès à des commerces diversifiés et indépendants, où ce que l’on consomme est produit au plus près, où les produits et l’alimentation de qualité, à coût abordable pour toutes et tous, prennent le pas sur les fast-foods et la production industrielle. Nous défendons une société de la justice sociale, où les multinationales sont bien plus taxées que les TPE et PME, où les gens sont mieux payés et moins précaires et ont les moyens de mieux consommer, et de privilégier les produits de qualité et de proximité.

Nous sommes à votre disposition pour vous rencontrer et défendre au mieux la diversité commerciale et artisanale parisienne.

Danielle Simonnet                                                                             Vikash Dhorasoo

Les listes Décidons Paris s’engagent à :

  • encadrer à la baisse les loyers des locaux commerciaux
  • favoriser la diversité commerciale par le soutien au petit commerce, contre l’uniformisation commerciale voulue par les grandes enseignes
  • mettre en place une politique de préemption de locaux via la SEMAEST et de mise à disposition de locaux par les bailleurs sociaux, en favorisant les TPE, PME, artisanat et petit commerce et en assurant leur pérennité sur le long terme
  • refuser toute hausse des loyers des baux commerciaux après des opérations de réhabilitation en quartiers populaires
  • favoriser le petit commerce et la production de proximité dans les appels d’offre de la Ville
  • mettre en place un Fonds de Solidarité pour soutenir le petit commerce, l’artisanat et les TPE/PME en difficulté, notamment dans les quartiers populaires
  • interdire les plateformes de l’ubérisation sur le territoire parisien quand cela est possible, ou réglementer leurs activités pour que cesse la concurrence déloyale qu’elles imposent au commerce et aux activités de proximité
  • refuser toute extension du travail du dimanche et de nuit, qui favorise les grandes enseignes et détruit le petit commerce

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