Lettre de Danielle Simonnet et Vikash Dhorasoo aux directeurs et directrices d’école et aux personnels des écoles

Lettre de Danielle Simonnet et Vikash Dhorasoo aux directeurs et directrices d’école et aux personnels des écoles

Mesdames, messieurs,

Votre rôle est fondamental, vous qui œuvrez chaque jour pour éduquer et instruire les élèves parisiens. Pourtant, nous le savons, les conditions dans lesquelles vous exercez votre métier se dégradent continuellement. Les équipes éducatives subissent de plein fouet les réformes les plus autoritaires et pâtissent de l’insuffisance des moyens qui leur sont alloués. Les charges administratives inutiles et chronophages qui pèsent sur vous, les injonctions managériales, dégradent vos conditions de travail et les conditions d’enseignement de vos élèves. Dans ce contexte, nous sommes pleinement engagé.e.s auprès de vous pour obtenir de meilleures conditions de travail et les moyens nécessaires à la réussite de tous les élèves.

Le bon fonctionnement des écoles repose sur les directeurs et directrices, qui doivent pouvoir continuer à exercer leurs missions en bénéficiant d’une décharge complète. Nous nous engageons à maintenir les décharges complètes.

Nous nous engageons aussi à pérenniser les emplois des professeur.e.s de la Ville de Paris, qui sont indispensables pour assurer aux élèves un enseignement sportif et artistique de qualité. Il est nécessaire de déprécariser leur statut et qu’ils bénéficient des dédoublements de classe comme les professeurs des écoles. 

Le nombre d’emplois d’ASEM est actuellement insuffisant, et cela d’autant plus que ces personnels participent désormais aux ARE. Ces personnels sont indispensables pour assurer des conditions d’accueil et d’apprentissage satisfaisantes pour les élèves. Nous nous engageons à augmenter le nombre d’emplois de titulaires pour atteindre un ASEM par classe et un vivier suffisant pour assurer les remplacements. Les personnels ATE méritent également plus de considération salariale. 

Tous les enfants scolarisés doivent pouvoir partir en classe de découverte à un tarif abordable pour les familles. Ce sont des moments importants dans une scolarité et nous regrettons la baisse constante des moyens qui leur sont alloués. Nous augmenterons les dotations budgétaires pour ces classes de découverte.

Pour les sorties scolaires, la gratuité des transports telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, avec un remboursement sous 2 mois des Pass Navigo n’est pas suffisante puisque tous les parents ne font pas les démarches nécessaires. Nous assurerons une véritable gratuité des transports pour toutes et tous, sans avance de frais.

Contrairement aux promesses gouvernementales, les conditions de travail et d’emploi des AESH se sont dégradées avec la mise en place des PIAL. Nous savons que la mutualisation des moyens se traduit par une désorganisation importante et une discontinuité de l’accompagnement d’enfants qui ont besoin de stabilité. L’inclusion des élèves en situation de handicap ne peut se faire au rabais et les personnels doivent être embauchés de façon pérenne et à temps complet. Par ailleurs, les enfants en situation de handicap doivent bénéficier d’un accompagnement adapté lors des sorties scolaires, des classes découverte et les activités périscolaires (sorties et mini séjours). 

Pour que les mauvaises nouvelles n’arrivent pas avant les élections, le calendrier des opérations de carte scolaire a été retardé, ce qui laisse augurer de nouvelles fermetures de classe pour la rentrée prochaine. Cet ajournement vous met en difficulté, nous le savons, pour préparer sereinement la rentrée. Cela met aussi en difficulté les enseignant.e.s qui vont devoir participer au mouvement dans un contexte d’incertitude sur les postes à pourvoir. En tant qu’élu.e.s municipaux, nous serons à vos côtés, comme nous l’avons toujours été, pour lutter contre les fermetures de classe qui s’annoncent.

La réforme des rythmes éducatifs, dénoncée par Danielle Simonnet dès 2014, a conduit à une dégradation des conditions de travail des enseignant.e.s et de scolarité des élèves et à de la confusion entre temps scolaires et périscolaires et les pertes de repères, en particulier pour les élèves les plus jeunes. L’offre d’activités périscolaires est très inégale d’une école à l’autre, et parfois réalisée par des personnels qui manquent de la formation nécessaire pour encadrer correctement les activités… Nous mènerons une vaste consultation auprès de l’ensemble de la communauté éducative, afin de revoir en profondeur l’organisation de ces temps. Elle se terminera par un vote afin que la communauté scolaire puisse décider. 

Notre projet est d’introduire davantage de démocratie participative et d’impliquer ceux qui vivent et travaillent à Paris dans tous les processus de décision. Pour cela, nous proposons de créer une assemblée d’arrondissement des conseils d’école, qui réunira des représentant.e.s de la communauté éducative de toutes les écoles et participeront aux décisions concernant les travaux à réaliser en priorité, la sectorisation scolaire, la restauration scolaire, etc.

Les travaux dans les écoles doivent faire l’objet de budgets spécifiques et qui doivent être largement abondés. Le budget participatif n’a pas vocation à décider de travaux qui sont absolument nécessaires et il est particulièrement indécent de s’en remettre à ce budget pour décider quelle école verra ses toilettes remises en état. Des marges de manœuvre budgétaires existent, notamment en sortant des différentes délégations de services publics qui représentent un surcoût de plusieurs dizaines de millions d’euros chaque année ou encore en renonçant à la police municipale… La remise en état des écoles est absolument prioritaire et nous abonderons le budget alloué aux travaux.

Un rapport bâclé sur les retraites faisant l’impasse sur bien des paramètres, un mensonge sur l’universalité du système, sur l’amélioration de la situation des femmes, entre autres ; l’impréparation de cette réforme n’est plus à démontrer. Sans surprise, les conséquences pour les professeurs seront désastreuses. Le montant de leur pension baissera fatalement. La promesse de revalorisation des salaires ne convainc personne alors que les revenus des personnels de l’éducation nationale n’ont cessé d’être réduits : gel du point d’indice, rétablissement du jour de carence, augmentation du taux de la CSG sans compensation intégrale… Le gouvernement veut aller vite pour imposer sa réforme injuste, allant jusqu’à utiliser un passage en force par le 49.3. A quelque niveau que ce soit, à l’assemblée ou sur le terrain, partout nous sommes à vos côtés. Nous sommes la seule liste engagée contre la réforme à avoir participé à toutes les manifestations avec les enseignants, les cheminots, les traminots, les avocats etc. Au cours de ces deux mois de mobilisation, nous avons échangé et entendu les revendications et saurons les porter partout.

Il est difficile voire impossible de se loger à Paris avec un salaire d’enseignant ou d’agent territorial. L’indemnité de résidence en Ile-de-France est bien faible au regard du coût de la vie et doit être augmentée. Les demandes déposées pour obtenir un logement social dans le cadre des logements réservés aux fonctionnaires de l’État excèdent l’offre de beaucoup et de nombreux logements réservés aux directeurs et directrices ne sont pas occupés faute d’être dans un état satisfaisant.

Nous proposons l’encadrement des loyers, la réquisition des logements vides et l’augmentation du contingent de logements sociaux réservés aux personnels des écoles et la remise en état des logements des directeurs et des directrices.

Dans notre ville, le niveau des inégalités est insoutenable. Paris est une ville riche qui s’occupe mal de ses pauvres. Plusieurs centaines d’enfants dorment dans la rue chaque nuit. Beaucoup souffrent de la pauvreté et du mal-logement. Nous avons les moyens d’assurer aux enfants qui vivent à Paris, et à leurs parents, des conditions de vie dignes et nous ne pouvons laisser perdurer ces situations. Nous mènerons une véritable politique de justice sociale en nous donnant les moyens d’aider et d’accompagner les plus démuni.e.s. avec des logements sociaux réservés aux familles les plus précaires, des lieux d’accueil pour les femmes victimes de violence et leurs enfants et un renforcement des services publics. Tous les enfants ont le droit d’étudier dans de bonnes conditions et de rentrer le soir dans un foyer accueillant.

Nous sommes à votre disposition pour vous rencontrer et défendre au mieux notre service public de l’éducation et l’émancipation des enfants.

Danielle Simonnet                                                                             Vikash Dhorasoo

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