Baisse des loyers : Berlin l’a fait, à Paris faisons-le aussi !

Baisse des loyers : Berlin l’a fait, à Paris faisons-le aussi !

Ce mardi 3 mars, Décidons Paris a organisé une réunion publique/meeting qui s’est tenue dans le 14e arrondissement, afin d’échanger à propos du logement et des luttes qu’il est possible de mener afin d’en faire un droit effectif. À cette occasion, nous avons accueilli deux camarades allemands de Die Linke, venu•es partager avec nous leurs luttes et expériences : Katalin Gennburg, députée au parlement de Berlin, et Martin Schiderwan, député européen et co-président de la GUE-NGL[1].

Danielle Simonnet, candidate à la mairie du vingtième arrondissement et à la mairie de Paris

Avec eux, sur scène, Danielle Simonnet, conseillère de Paris et binôme tête de liste Décidons Paris et Leïla Chaibi, députée européenne LFI, ont d’abord rappelé le contexte spécifique à Paris, où la spéculation  a explosé – encouragée par le nombre toujours croissant de logements vides -, ainsi que les luttes menées pour le logement en France, comme les réquisitions citoyennes du collectif « Jeudi Noir ». Face à cette réalité quotidienne de plus en plus difficilement vécue par une majorité de Parisien•nes, nous portons la nécessaire baisse des loyers, à l’exemple de Berlin.

Raphaël Arcis, binôme tête de liste dans le quatorzième arrondissement, Danielle Simonnet et Leila Chaibi

C’est cette lutte berlinoise victorieuse que nous a partagée Katalin Gennburg. Si les contextes de Berlin et Paris se ressemblent, la question des loyers y est d’autant plus prégnante qu’ils y ont doublé en dix ans, et que 85% des Berlinois•es sont locataires – contre 61% à Paris. Die Linke, en s’investissant et en s’appuyant sur un fort activisme populaire sur les questions urbaines et de logement (comme la lutte contre la gentrification du quartier populaire de Kreuzberg), a ainsi organisé une première votation militante mettant en avant la baisse des loyers. Ayant rencontré un fort succès, elle a permis de mettre cette question au cœur des discussions de la coalition régionale avec les Verts et le SPD en 2016, avant d’aboutir au vote de la loi en juin 2019.

Leila Chaibi, Députée Européenne LFI

Si la mesure la plus médiatisée a été le gel des loyers pour 5 ans, Die Linke a porté plus loin cette revendication : la coalition a instauré des plafonds maximums de prix, et la baisse du loyer est rendue obligatoire dès lors que ce plafond est dépassé. Cela montre que le rapport de force permet au pouvoir municipal de remporter des victoires qui ne sont pas négligeables : 1, 5 million de Berlinois•es bénéficient de cette baisse et ce sont 3 milliards d’euros qui ne sont pas reversés aux propriétaires rentiers. La lutte continue aujourd’hui, en vue d’exproprier les groupes multi-propriétaires de plus de 3000 logements qui participent de la hausse spéculative.

Katalin Gennburg, députée Die Linke

Martin Schiderwan a quant à lui insisté sur l’importance de la lutte pour le logement au niveau européen, avec Leïla Chaibi. Le tableau n’est pas des plus réjouissants : depuis 2008, l’on y compte 700 000 SDF et 20 millions de mal-logés, alors que l’investissement public en faveur du logement a baissé de 50% et que la réglementation européenne considère ce secteur comme un rapport commercial pour lequel il ne peut être porté atteinte à la concurrence sauvage. Des acteurs profitent de cette situation comme AirBnB, qui à Paris comme à Berlin étend la sphère de la marchandisation et essaye d’échapper à toute réglementation en la contestant devant la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Hedi Reghioui, binôme tête de liste dans le cinquième arrondissement

C’est aussi le cas de Blackrock, qui en 2014 a réussi à faire porter par la Commission Européenne un projet de fonds de pension paneuropéen devant le Parlement : or, en privatisant les cotisations, Blackrock et l’ensemble des fonds de pension participent de la spéculation immobilière et de la hausse des loyers, n’y voyant là qu’une source de rentabilité. Face à cela, les député•es européen•nes de la GUE-NGL luttent pour empêcher ces manœuvres, et militent pour faire sortir le financement du logement social du dogme des 3% de déficit ou encore de la limitation des bénéficiaires du logement social, afin que celui-ci serve d’appui à la démarchandisation de l’habitat.

Raphael Arcis, Danielle Simonnet, Leila Chaibi et Martin Schiderwann député Die Linke

Cette soirée nous a permis de nous rappeler qu’il faut engager les luttes pour le logement à tous les niveaux (local, national, européen) aussi bien dans la rue que dans les assemblées. C’est ce dont s’inspire la démarche et le programme de Décidons Paris, portés notamment par Danielle Simonnet et Vikash Dhorasoo, en souhaitant réquisitionner les 100 000 logements vides et en demandant à ce que la Ville fixe le niveau des loyers. Face au néo-libéralisme qui en fait de plus en plus une marchandise comme les autres, décrétons tou•tes ensemble l’urgence du droit au logement !


[1] Gauche Unitaire Européenne – Gauche Verte Nordique

Crédit photo : Antoine Stoulz

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