Alerte au Palais de la Femme : les occupantes confrontées à des problèmes sanitaires, de sécurité et de transparence de plus en plus graves

Alerte au Palais de la Femme : les occupantes confrontées à des problèmes sanitaires, de sécurité et de transparence de plus en plus graves

« Le Palais de la Femme est un établissement dédié à la prévention de l’exclusion sociale et à l’insertion, réservé aux femmes majeures » peut-on lire sur le site de l’Armée du Salut, en charge de cette institution.Le Palais de la Femme est censé accueillir et accompagner entre 300 et 400 femmes en grande précarité, victimes pour nombre d’entre elles de violences sexuelles dans le cadre de relations conjugales ou de la prostitution. L’Armée du Salut promet « un toit pour celles qui ont connu les “bas de la vie” ». Mais aujourd’hui, le Palais semble s’être transformé en « Enfer de la femme »

Il y a 3 ans, le Palais de la Femme décidait d’accueillir des hommes en situation de grande précarité. Mais comment concilier les parcours de vie de ces hommes avec ceux des résidentes ? Comment peut-on encore parler de Palais de la Femme quand les femmes se sentent inquiètes au sein même de l’institution où elles sont venues chercher refuge? « On ne se sent plus en sécurité depuis leur arrivée » témoigne une résidente, d’autres témoignent d’actes sexuels effectués contre de l’argent. Mais pour la direction cette présence d’hommes dans le Palais de la Femme correspond à une étape de « socialisation », pour remettre les résidentes en contact avec la gent masculine! Et le pire arrive.

Cette semaine une résidente témoigne avoir été victime d’un viol. Elle vient de porter plainte.

La violence se vit aussi à bas bruit, concrètement dans le quotidien de la vie des femmes et du fonctionnement de l’institution. Les griefs des résidentes sont nombreux. En voici quelques-uns que nous avons pu constater nous-même et qui avaient déjà été publiquement relatés :

  • Conditions de vies indignes dans des studios de moins de 12m2 pour un loyer entre 426 et 490 € par mois. Saleté des communs, peintures craquelées, rats, souris, cafards, punaises de lit, chaleur intenable en été. Certains studios n’ont pas de kitchenette et les résidentes doivent utiliser des cuisines communes vétustes. Les éviers ne fonctionnent pas. Certaines ont dû manger froid pendant des mois faute d’accès à des plaques chauffantes ou des fours en état de marche. D’autres n’ont pas de frigo. Le tout sans jamais de compensation ni baisse de loyer, ici appelé redevance!

  • Accompagnement à la réinsertion qui semble être à la tête du client. Des dossiers traînent sans raison, des aides aux logements ne sont pas déclenchées et conduisent à l’endettement de certaines femmes qui n’ont rien. Des femmes censées rester en moyenne 3 ans sont ainsi là depuis plus de 15 ans!

  • La bibliothèque des résidentes, un des rares lieux communs permettant d’échapper à l’exiguïté des chambres, lire, utiliser un poste informatique, échanger ou se ressourcer, est de fait privatisée depuis des mois. Une convention d’occupation gratuite a livré ce bien commun pour une épicerie soi-disant « solidaire » qui vend des produits avariés, refuse les achats de moins de 5 euros – somme considérable pour des femmes précaires ! – et se tourne aussi vers une clientèle extérieure qui va et vient sans contrôle dans cet établissement où il faut pourtant montrer patte blanche pour rendre visite aux résidentes!

  • Le  sous-sol du bâtiment et les commandes des réseaux d’eau, de gaz et d’électricité (leviers de sécurité, compteurs, etc.) sont en accès libre! Le premier venu y entre comme dans un moulin, au risque notamment qu’un des enfants qui jouent dans les parages n’y provoque par inconscience un accident.

Pourtant le Palais de la Femme ne manque pas de moyens et de financements publiques, avec notamment 121 millions d’euros de subventions annuelles (chiffre de 2016), et un modèle économique reposant aussi sur la location des parties historiques du Palais, en plus des loyers-redevances de toutes les résidentes!

Tout cela a déjà été dénoncé. Les autorités sont au courant. Les femmes du Palais se sont organisées en collectif et elles rédigent en juin 2019 un appel qu’elles adressent très largement à la presse, à la Mairie de Paris, à la Mairie du 11ème, à la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes mais pour quelles réactions ? Aucune.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus faire semblant que tout va bien. L’enfer est à leur porte. Et nous ne pouvons pas les ignorer.

Danielle Simonnet, candidate à la mairie de Paris et dans le 20ème arrondissement pour Décidons Paris

Pépita Car et Laurent Bussière, binôme candidat à la Mairie du 11ème arrondissement pour Décidons Paris

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