Pour que Paris soit une ville exemplaire en matière de condition animale – Réponse aux propositions de Paris Animaux Zoopolis

Pour que Paris soit une ville exemplaire en matière de condition animale – Réponse aux propositions de Paris Animaux Zoopolis

Réponse de Danielle Simonnet et Vikash Dhorasoo, têtes de liste de Décidons Paris, aux propositions de l’association Paris animaux Zoopolis

“Pour que Paris soit une ville exemplaire en matière de condition animale”

Votre association nous interpelle sur l’enjeu de faire de Paris une ville exemplaire en matière de condition animale. Nous souscrivons pleinement à cet objectif : la préoccupation constante d’améliorer la condition des être sensibles qui vivent dans notre ville est partie intégrante du projet de société que nous défendons.

Les listes Décidons Paris que nous portons, dans une démarche municipaliste, ont un objectif central : permettre aux habitant.e.s de Paris de reprendre le pouvoir de décider de l’avenir de notre ville. Pour cela, nous proposons la mise en place du référendum local d’initiative citoyenne, qui permet à la fois de s’opposer à une décision politique qui ne remporte pas l’adhésion majoritaire ou de proposer des mesures ou avancées nouvelles. Dans un contexte où une grande majorité de citoyennes et de citoyens sont très sensibles à l’amélioration de la condition animale, mais où les pouvoirs publics sont si souvent réticents à se donner les moyens de répondre à cette attente, l’outil de démocratie radicale qu’est le référendum d’initiative citoyenne permettrait très certainement de faire avancer des mesures en faveur de la condition animale. 

Nos engagements en faveur de la condition animale se placent dans la continuité de l’action de Danielle Simonnet, qui tout au long de son mandat de Conseillère de Paris, a été particulièrement investie sur la question de la condition animale. En collaboration très régulière avec des associations comme Paris Animaux Zoopolis, dont le travail remarquable a beaucoup contribué à faire avancer nos réflexions sur les enjeux de la condition animale à Paris, nous avons à cœur de défendre une ville qui respecte l’ensemble de ses habitants. Avec Danielle Simonnet et Vikash Dhorasoo, binôme de candidat.e.s à la Mairie de Paris, et l’ensemble des candidat-e-s que nous proposerons aux élections municipales, nous continuerons dans cette voie.

Votre association nous a fait parvenir une liste de 12 propositions pour Paris et nous a demandé d’y répondre. Bien que notre programme, fruit d’un travail collectif et citoyen de contributions et d’écriture collective, ne soit pas encore adopté définitivement, nous allons y répondre à la lumière de nos engagements passés et du travail effectué par le groupe thématique Condition Animale, qui est ouvert à toutes celles et tous ceux qui, se reconnaissant dans les principes défendus par Décidons Paris, souhaitent s’engager pour améliorer la condition des animaux dans notre ville.

  1. Défendre le projet de cohabitation pacifique avec les animaux en ville.

Les travaux programmatiques du collectif Décidons Paris s’inscrivent dans une démarche globale écosocialiste. Nous pensons l’animal comme un « être sensible » (selon les termes de l’article L214 du code rural), en interaction avec les êtres humains et l’environnement urbain. Nous voulons que la ville de Paris porte un projet inclusif qui pense la relation entre ses habitants et leur environnement. Le projet écosocialiste que nous défendons admet la défense de la faune et de la flore comme étant au cœur de l’articulation entre luttes sociales et luttes écologistes. Sur le plan philosophique, nous pensons que l’être humain s’avilit s’il ne respecte pas les autres êtres sensibles, s’il s’amuse de leur souffrance, s’il ne fait pas tout son possible pour établir une coexistence pacifique dans l’environnement qu’ils partagent. C’est pourquoi nous considérons qu’il faut ouvrir la voie à une cohabitation pacifique avec les animaux en ville.

2. Création d’une délégation Condition Animale et d’une Direction Animaux en Ville

Les animaux souffrent de n’avoir pas de fonctionnaires ou d’élus directement délégués aux problématiques qui les touchent. Actuellement, la condition animale est reléguée au rang de sous-sujet dans les intitulés des délégations d’adjoint. C’est pourquoi nous proposons la création d’un pôle dédié à la condition animale. Il s’agit d’une délégation municipale à disposition des acteurs de la lutte animaliste afin de centraliser les actions en faveur des animaux et de gagner en efficacité, épaulée par une Direction Animaux en Ville qui mette en œuvre sa politique. Cette délégation municipale sera pilotée par un-e adjoint-e au maire. La condition animale à Paris doit avoir un budget clair et des référents identifiés. Cette proposition a été portée par un voeu au Conseil de Paris par Danielle Simonnet pendant la mandature.

3. Interdiction des cirques avec animaux sauvages.

Là-encore, il s’agit d’un sujet défendu à plusieurs reprises par Danielle Simonnet en conseil de Paris. Les animaux sauvages, captifs et dans un environnement qui ne leur permet pas de s’épanouir, loin de leurs besoins naturels, n’ont pas à servir les désirs de l’être humain, et on ne devrait pas s’amuser de leur souffrance. C’est pourquoi Danielle Simonnet a défendu dans des voeux en juin puis novembre 2018 d’interdire leur présence sur le territoire parisien. Nous pensons que Paris, en tant que capitale, doit sur ce type de sujets, impulser une dynamique nationale voire internationale et contraindre les cirques à repenser leurs pratiques. En Novembre 2019, l’exécutif parisien a fait entendre, via une communication en séance du Conseil de Paris, une proposition similaire, et la disparition effective des spectacles avec animaux sauvages dans les cirques parisiens devrait avoir lieu d’ici 2022. Cependant, leur mesure consiste à aider financièrement les cirques qui décident de ne plus présenter d’animaux sauvages ; à notre sens, il devrait plutôt s’agir de défendre et subventionner les refuges et sanctuaires pour animaux sauvages, qui vont être mis à rude contribution.

4. Stériliser, identifier, soin des chats libres.

Le 30 Septembre 2019, Danielle Simonnet défendait en Conseil de Paris un vœu pour une politique cohérente de gestion de la population des chats libres à Paris, demandant que la ville de Paris finance l’ensemble des actions nécessaires pour assurer à la fois le bien-être des chats errants et le contrôle de leur population, à savoir la capture, l’identification, la stérilisation, leur entretien, et toutes les étapes intermédiaires ; c’est aujourd’hui une nécessité, et les associations ne peuvent en assumer la charge seules. Il est nécessaire également de mettre à leur disposition des locaux et des moyens. Ce voeu a été adopté : nous espérons donc que l’exécutif actuel le mettra en oeuvre rapidement, et à défaut nous le porterons lorsque nous serons en responsabilité.

5. Installation d’un cani-parc par arrondissement

Il se trouve que la principale cause de maladie chez les animaux domestique est l’ennui. Il y a trop peu, à Paris, de cani-parcs à disposition des animaux. Nous appelons à leur généralisation ; nous souhaitons également engager la réflexion autour de jardins sans humains, pour préserver l’écosystème et la biodiversité.

6. Interdire la pratique de la pêche à Paris.

Un décret préfectoral interdit la vente et la consommation de poissons issus de la Seine. Pour autant, la pêche récréative a la peau solide et continue à prospérer : c’est absurde ! J’ai défendu, en mars 2018, un vœu au Conseil de Paris pour interdire cette pratique. Il a été refusé et m’a valu moqueries et menaces, ainsi qu’à beaucoup de défenseurs et défenderesses de cette cause. Ces pêcheurs sont dans un rapport ce domination de l’être humain sur l’animal qu’il faut combattre ; il s’agit pour eux de jouer avec un être sensible, de le blesser, parfois de le tuer, simplement par plaisir. Hypocritement, certains proposent le « No kill », une méthode consistant à relâcher le poisson. Mais 90% des poissons pêchés, même relâchés, meurent. Il faut donc interdire purement et simplement la pratique de la pêche en ville de Paris.

7. Mise en place d’une alternative végétalienne quotidienne dans tous les restaurants publics de la ville.

Le repas végétalien est un repas laïque, universel, écologique, éthique. Nous sommes fondamentalement partisans qu’il soit une alternative quotidienne dans toutes les écoles, voire même plus globalement dans tous les lieux de restauration collective. Pour autant, les cantines scolaires sont administrées par les caisses des arrondissements, et la mairie centrale n’a pas de pouvoir coercitif sur ce sujet. C’est pourquoi nous travaillons à l’instauration d’un label « Ecole végétale ». Ce label serait décerné par la municipalité aux écoles qui s’inscrivent dans une démarche animaliste et écologiste, notamment en généralisant l’option végétalienne quotidienne et un repas végétalien obligatoire hebdomadaire. Cette mesure incitative doit permettre aux établissements de prendre conscience de l’importance de cette cause. Nous croyons en la sensibilisation par l’alimentation.

8. Création de pigeonniers en nombre suffisant, notamment infrastructures urbaines et mobiliers dédiés.

Nous devons travailler à changer le regard que les hommes et les femmes portent sur les pigeons. Non, les pigeons, pas plus que les rats d’ailleurs, ne sont des dangers pour la ville ni ne doivent générer la peur. Il faut bien sûr surveiller, accompagner et vérifier leur population, mais il est tout à fait possible de la réguler, et ce, tout en respectant leur bien-être et leur santé. C’est pourquoi Danielle Simonnet est intervenue, lors du Conseil de Paris d’octobre 2019, pour soutenir le vœu proposé par le groupe des élus écologistes qui nous semblait tout à fait pertinent. Ce vœu demandait « que la gestion des pigeonniers encore en activité, qui seront relancés ou à venir, soit effectuée par une ou plusieurs associations dans le cadre d’un marché réservé d’insertion par l’activité économique ». Il nous semble primordial que les pigeonniers soient administrés par des associations spécialisées.

9. Faire évoluer la ferme de Paris en refuge pour animaux.

En novembre 2018, Danielle Simonnet formulait le vœu en Conseil de Paris que la Mairie de Paris abandonne l’expression de “Ferme de Paris” au profit de celle d’”espace animalier parisien” ou de “refuge des animaux de la ferme”. Nous croyons que la Ferme de Paris doit devenir un outil radical au service des animaux. Elle doit s’engager à traiter ses animaux avec le respect le plus total. Nous aimerions également qu’elle s’engage à ne plus envoyer aucun animal à l’abattoir et qu’elle évolue pour donner refuge à des animaux qui en ont besoin. De plus, sa politique d’éducation doit aboutir à une vision moins utilitariste, car, s’il est bon que de tels endroits existent et permettent aux enfants de voir des animaux en condition réelles, nous ne pouvons accepter que la ferme de Paris considère les animaux comme des objets. De plus, comme Danielle Simonnet l’a défendu dans un autre vœu au Conseil de Paris de Novembre 2018, il est urgent que la ferme de Paris cesse l’exploitation de ses « fermes mobiles » qui sont dangereuses et anxiogènes pour les animaux.

10. Mettre un terme à l’empoisonnement des rats à Paris.

Nous devons mettre un terme aux pratiques des dératiseurs. La limitation de la nourriture accessible par une meilleure gestion des ordures ménagères ainsi qu’une meilleure planification des travaux, permettrait de mieux réguler la population des rats. Des campagnes d’éducation devraient être engagées pour changer les représentations qu’une majorité de gens continue à avoir. Il existe par ailleurs des techniques naturelles pour les éloigner des jardins : certaines plantes sont efficaces, comme la menthe et l’eucalyptus, pour lutter contre les colonies de rats trop invasives. 

Plus largement, une des missions de la Direction Animaux en Ville que nous voulons mettre en place, sera de réaliser enfin une grande enquête scientifique sur l’impact réel des populations de rats, leur nombre. En effet, si les rats sont encore considérés comme nuisibles par beaucoup, ils sont par certains aspects bénéfiques à l’écosystème urbain, notamment car leur action permet aux égouts de la ville d’être accessibles et propres. 

Nous devons réinventer notre cohabitation avec les animaux qui vivent en ville sans être domestiques, en proposant par exemple la mise en place de parcs adaptés à l’ensemble de ces animaux. Dans un vœu au Conseil de Paris daté de Novembre 2018, Danielle Simonnet demandait la création d’un parc expérimental pour ces animaux. 

11. Création d’un monument en mémoire aux animaux de guerre.

Lorsque Danielle Simonnet a porté ce projet, en juin 2018, l’exécutif lui avait rétorqué ne pas être compétent en la matière. Nous nous réjouissons que leur position ait changé et que, moins de six mois ensuite, ils aient proposé à leur tour d’élever un monument en mémoire des animaux morts pendant la guerre, comme il en existe partout à travers le monde et dans quelques villes de France. L’érection de ce monument était une volonté des poilus eux-mêmes, au sortir de la grande guerre, et nous souhaitons voir ce projet réalisé. Le combat mémoriel est un combat primordial.

12. Création d’un programme culturel visant à changer le regard sur les animaux.

Cette proposition est tout à fait nécessaire – nous avons l’intime conviction que la bataille culturelle est un préalable à tout discours politique. « Rien n’arrête une idée dont l’heure est venue » disait Victor Hugo. Mais cette idée doit d’abord infuser, s’étendre, atteindre l’ensemble de la population. Nous souhaitons travailler à sensibiliser les Parisien.ne.s à la question du bien être animal et du respect pour le vivant. Quelle meilleure solution, alors, que de défendre un programme culturel en accord avec ce projet que nous défendons ?

Avant de conclure, nous souhaitons rappeler que le programme de Décidons Paris est en cours d’élaboration, qu’il est le fruit de contributions et de travail collectif de centaines d’habitant.e.s, et qu’ainsi il est possible de contribuer en ligne sur decidons.paris pour déposer de nouvelles propositions. Le groupe Condition Animale s’inscrit dans cette démarche globale ; ses travaux ne sont pas indépendants des autres groupes thématiques, et nous nous efforçons de produire un contenu politique réaliste et compatible avec l’ensemble des valeurs défendues par notre collectif. Ainsi, les mesures que nous défendons dans cette réponse n’ont pas été adoptées officiellement par l’ensemble des signataires, elles sont le fruit du travail de notre groupe thématique “Condition animale”, qui est investi pour l’amélioration de la condition des animaux dans notre ville, et du bilan de Danielle Simonnet, conseillère de Paris sortante et tête de liste en binôme avec Vikash Dhorasoo.

Nous nous battons pour l’idéal d’une société où le projet écosocialiste aura définitivement balayé les rapports de domination injustes. Nous croyons que l’animal est un être sensible qui mérite considération et saluons le travail de tou.te.s les militant.e.s animalistes.

« Plus l’Homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les Hommes qui le dominent. » – Louise Michel.

Danielle Simonnet, conseillère de Paris, et Vikash Dhorasoo, ex-footballeur international,

Binôme de candidat.e.s Décidons Paris à la Mairie de Paris

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *