La précarité tue !

La précarité tue !

Vendredi 8 novembre, un étudiant s’est immolé devant le CROUS de Lyon dénonçant la précarité à laquelle il était soumis. Dans sa lettre, il écrivait : « J’accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de m’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous-tes, j’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires ».  Cet étudiant n’avait plus de bourse et lorsque cela avait été le cas, elle s’élevait à 450 €… Le gouvernement nie que ce geste était militant. Il est pourtant le signe épouvantable d’une politique du désastre construite patiemment depuis la LRU, années après années, loi après loi, pour démanteler l’université publique.

Tandis que Bernard Arnault est devenu aujourd’hui le deuxième homme le plus riches avec un coup de baguette magique financier qui fait monter sa fortune à 100 milliards d’euro, 9 millions de français-e-s et un-e étudiant-e sur cinq vivent en dessous du seuil de pauvreté ! Plus de 50% d’entre elles et eux sont contraint-es à une activité salariée pendant l’année universitaire alors que le cumul emploi/étude représente la principale raison du taux d’échec à l’université. En parallèle, les aides sont réduites et l’échelon maximal de la bourse n’est que de 550 euros par mois. 550 euros contre 100 milliards, combien de bourses pour Bernard Arnault ?

La ville de Paris compte plus de 320 000 étudiant-es attiré-es par la présence de certaines des plus gros établissements du pays. Pourtant, le coût de la vie à Paris est estimé à 1224 euros. La principale difficulté réside dans l’accès au logement. Les loyers parisiens augmentent chaque année (830€ mensuel en moyenne en 2018) et l’encadrement des loyers reste peu respecté pour les petites surfaces dans lesquelles logent les étudiant-e-s. Certes, la mairie de Paris s’est engagée à créer 6 000 nouveaux logements étudiants d’ici 2020, mais le ratio restera maigre : seulement 1 logement pour 4 étudiants boursiers à Paris. En outre, la mairie de Paris n’a pas eu le courage d’étendre la gratuité des transports en commun pour les étudiant-e-s, les forçant à souscrire au Forfait Imagine R Etudiant qui ampute leur budget de 350euros tous les ans.

En dépit des annonces, le budget de la Ville de Paris consacré à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche est instable et ne cesse de baisser depuis 2017 (47,7M€ en 2017, 21M€ en 2018, 22M€ en 2019). Moins de 10 M€ sur toute la mandature ont été apportés en soutien au CROUS de Paris alors que son action est cruciale (logements, renforcement des capacités d’accueil des restaurants universitaires, création de nouveaux lieux de vie ou encore accompagnement accru des étudiants handicapés).

Nous devons réagir. Nous devons lancer une politique ambitieuse de gauche en faveur de la lutte contre la précarité de toutes et tous. Nous pouvons faire de Paris une ville où les étudiant-e-s peuvent vivre correctement. A Paris, notre devoir est d’entamer le rapport de force avec l’Etat. Un Plan logement Etudiant bien plus ambitieux est urgent et doit être en lien avec le CROUS pour en garantir les loyers bas et l’accès. La ville devrait développer les compléments d’aides sociales pour les étudiants boursiers. Nous défendons également l’instauration de la gratuité des transports en commun et de vélib pour tous les étudiant-es jusqu’à 25 ans. Enfin, pour pallier aux renoncements aux soins de plus en fréquents chez les étudiant-es, la ville doit créer de nouveaux centre municipaux de santé

La précarité tue et nous étouffe ! A Macron qui ne veut pas croire « que nous sommes foutus en 2050 », la jeunesse réplique qu’elle ne veut plus de son monde, qu’elle ne supporte plus de voir son futur s’assombrir, qu’elle ne supporte plus la destruction en coupes réglées de la planète, des services publiques, de l’entraide et du lien social, qu’elle ne veut plus servir de main d’œuvre au capital dans des emplois précarisés et uberisés qui n’ont que peu de sens. La jeunesse veut un avenir. Elle veut des mesures courageuses en faveur d’une écologie sociale, d’une société solidaire, démocratique, équitable et juste. Si Macron ne veut pas croire que « nous sommes foutus en 2050 », qu’il sache seulement qu’en retour plus personne ne croit ni au ruissellement, ni au néolibéralisme, que l’on n’apaisera pas la colère légitime des personnes précaires avec des mots creux et des mythes dépassés !

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